L’échange des princesses

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France, 2017, 1h40
Un film de Marc Dugain
Avec Anamaria Vartolomei, Juliane Lepoureau, Catherine Mouchet
Histoire théâtralisée
Dès 12 ans
Diffusion restreinte

1721. Une idée audacieuse germe dans la tête de Philippe d’Orléans, Régent de France… Louis XV, 11 ans, va bientôt devenir Roi et un échange de princesses permettrait de consolider la paix avec l’Espagne, après des années de guerre qui ont laissé les deux royaumes exsangues. Il marie donc sa fille, Mlle de Montpensier, 12 ans, à l’héritier du trône d’Espagne, et Louis XV doit épouser l’Infante d’Espagne, Anna Maria Victoria, âgée de 4 ans. Mais l’entrée précipitée dans la cour des Grands de ces jeunes princesses, sacrifiées sur l’autel des jeux de pouvoirs, aura raison de leur insouciance…

"Toutes princesses que nous sommes, nous ne serons jamais plus que de la viande à marier." En adaptant L’échange des princesses de Chantal Thomas, avec une rare fidélité, d’ailleurs, Marc Dugain n’entend pas faire un film d’époque qui prétend parler de thèmes d’aujourd’hui mais certaines répliques et situations restent, peu ou prou, d’actualité dans certaines parties du monde. Quoiqu’il en soit, cette première incursion de l’écrivain-cinéaste dans un univers qui n’est a priori pas le sien est une belle réussite. D’emblée, il trouve le bon tempo, avec une grande fluidité dans les passages entre une cour et une autre (celles de France et d’Espagne), quelques années après la mort de Louis XIV. Point de dialogues ampoulés dans le film mais une langue "grand siècle" modernisée sans excès. Et un découpage parfait, accompagné d’un montage strict qui n’étire jamais les scènes plus que de raison. Les images sont somptueuses et se pose à hauteur d’enfants et d’adolescents puisque ce sont eux qui sont manipulés et victimes des jeux politiques des adultes. La couleur dominante est celle de la mélancolie, teintée d’un humour très discret. Du beau cinéma classique qui ne cède jamais à l’académisme.

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